Saint Hilaire de Poitiers, un évêque qui ne s’est pas plié

Il fut un temps où la plupart des hommes d’Eglise avaient perdu leur foi: ils pensaient être catholiques, mais, en fait, ils suivaient des erreurs théologiques graves, de sorte que leur croyance était corrompue et déviée. Pour plus de deux siècles , du IVe au VIe, l’hérésie arienne faisait rage en Orient et en Occident : conçue par le moine et théologien Arius, cette théorie soutenait que la nature divine de Jésus était sensiblement inférieure à celle du Père et que le Verbe de Dieu n’était pas éternel et incréé.

Bien que Arius ait été excommunié et sa doctrine condamnée, l’arianisme perdura longtemps jusqu’à devenir religion officielle de l’Empire romain sous le règne de Constance II. «Tout l’orbe frémit en se reconnaissant avec étonnement arien» écrivit saint Jérôme: l’erreur, comme le péché, fait toujours gémir.

Aujourd’hui, les erreurs et les péchés sont partout, même dans l’Église, et cela ne permet donc pas la paix ni dans la vie naturelle, ni dans la vie spirituelle. Comme autrefois on niait la pleine divinité du Christ, maintenant on nie que la Trinité soit le seul vrai Dieu pour tous les peuples, et on essaye de les unir, non pas dans l’Église catholique, mais dans une alliance utopique de différentes religions.

Le 13 Janvier, on commémore un Saint et Docteur de l’Eglise qui a été fondamental, avec d’autres confrères évêques, pour rétablir l’ordre dans la pensée théologique et pour revenir à la Vérité : saint Hilaire de Poitiers (310ca.-367) , un champion de la tradition contre l’arianisme, alors que même pape Libère, pour acquiescer à la puissance politique de l’empereur Constance , soutenait les ariens. L’objectif de Constance était d’unir l’empire sous la religion arienne, mais les obstacles s’appelaient saint Athanase en Orient et saint Hilaire en Occident : l’évêque d’Alexandrie et l’évêque de Poitiers s’opposèrent avec force et détermination à ce projet, tout en gardant la douceur de la charité et de la sainteté.

Benoît XVI, lors de l’audience générale du 10 Octobre 2007, s’exprima ainsi: «Certains auteurs antiques considèrent que cette percée anti-arienne de l’épiscopat de la Gaule était dû en grande partie à la force et à la douceur de l’évêque de Poitiers. Ceci était précisément son don : conjuguer la force de la foi et la douceur dans les relations interpersonnelles».

Cet européen, Père de l’Église, fut un Defensor Fidei d’immense courage et de parfaite cohérence et consacra toute sa vie à protéger et à sauvegarder la Foi en la divinité de Jésus-Christ, le Fils de Dieu et Dieu comme le Père qui l’a généré depuis l’éternité. On a peu d’informations sur sa vie mais les œuvres théologiques qui ont été livrées à l’Eglise et à l’histoire sont abondantes. De famille aristocratique gallo-romaine et païenne, il avait reçu une solide éducation littéraire, il s’était marié et avait une fille nommée Abra. Passionné par la recherche philosophique, il découvrit le christianisme et se convertit. Il fut acclamé évêque de Poitiers entre 353 et 354 et prit sous sa protection saint Martin, le futur évêque de Tours.

Parmi ses nombreux écrits, le Commentaire sur l’Evangile de Matthieu , le plus ancien en langue latine. En 356 il participa au synode de Béziers, dans le sud de la France, «le synode des faux apôtres», comme il l’appelait, parce que gouverné par des évêques sémi-ariens qui demandèrent à l’empereur le bannissement de l’évêque Hilaire. Dans l’été de cette même année, il fut obligé d’aller en Phrygie (dans l’actuelle Turquie), dominée par l’arianisme. Cependant, là aussi il fut en mesure de résister et il essaya de rétablir l’unité de l’Eglise sur la base de la vraie foi formulée par le Concile de Nicée (325).

Pour ce faire, il écrivit son œuvre dogmatique la plus célèbre : De Trinitate. Rentré en France (360 ou 361) , l’influence de son enseignement s’étendit bien au-delà des frontières de la Gaule , dans tout l’Empire : saint Hilaire a été un chrétien qui ne s’est pas plié devant la puissance du monde, mais seulement pour le Royaume de Dieu.

Cristina Siccardi

Fonte: Corrispondance européenne

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